jeudi 13 décembre 2007

Le retour de Kusturica par Nicolas Renaud

Le cinéma de Kusturica, de par sa forme étonnante, dense et inclassable, est constamment soumis au jeu confus des « étiquettes ». Un large éventail de termes, de qualificatifs, autant positifs que négatifs, ont été étampés sur ses films. Un même trait distinctif de son cinéma peut être à la fois célébré par certains et réprouvés par d'autres. Son esthétique, son approche des thèmes, ses positions politiques, tout semble sujet à un possible malentendu. Ces mots qui gravitent autour de ses films permettent effectivement de les aborder, mais peuvent aussi tromper, empêcher de voir, quand les étiquettes précèdent l'expérience du film. C'est dans cet esprit, et comme prétexte pour parler de l'œuvre, que sont ici discutés quelques-uns de ces « mots-clés ».

Extraits :

"L'image nous tient en éveil, ou élevés. Ce mot est utilisé par Kusturica quand il parle de la relation dynamique qu'il doit s'efforcer d'entretenir entre l'avant-plan et l'arrière-plan, ce qu'il dit être, au niveau formel, « un problème central du cinéma qu'il fait ». Dans ses films, l'action dramatique principale ou l'élément de lecture le plus significatif se déplacent fréquemment vers l'arrière-plan, et le cinéaste dit vouloir alors utiliser l'avant-plan pour « garder le spectateur élevé »."

"Un autre double caractère de l'œuvre : le tragique et le comique coexistent, alternent, se superposent. Plus qu'une simple rupture de ton, qu'un jeu sur deux registres, Kusturica manie magistralement l'un et l'autre. Il peut être franchement émouvant dans le drame, tout en étant inventif dans l'humour. Mais surtout, il arrive à trouver le tragique dans la comédie et le comique dans la tragédie ; mince frontière dans notre perception de l'existence et terrain fertile de l'écriture dramatique."

Nicolas Renaud - décembre 2004
www.horschamp.qc.ca
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Une très bonne analyse du cinéma de Kusturica...

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